Chronologie

Si vous souhaitez faire usage de tout, ou partie, du texte chronologique qui suit, veuillez au préalable demander l’accord à La Clef Survival en adressant un e-mail à l’adresse suivante :  laclefsurvival@gmail.com

« Pour débrouiller les faits et dans un souci de transparence optimum, voilà le récit historique du cinéma La Clef (1973-2018) et de son occupation comprise (2019-2022). On remplira cette chronologie en fonction des nouvelles informations qu’on recueillera (après vérification) afin de mieux vous faire comprendre les enjeux sociaux, culturels et, malheureusement, de pouvoir autour de ce cinéma de quartier emblématique à défendre comme un bastion culturel et politique. Un bastion contre toute censure aussi bien artistique qu’économique, et contre toute gentrification, que cette dernière soit topographique ou intellectuelle. » (Home Cinéma pour La Clef Survival)

1973

Claude Frank-Forter ouvre le Cinéma La Clef, dans le 5ème arrondissement de Paris, complexe comportant trois salles (226, 97 et 86 places) ainsi qu’un restaurant-pizzeria.

Pierre-Ange Le Pogam, puis Bernard Martinand, passé par la cinémathèque d’Henri Langlois, se chargent de la programmation.

Ils encouragent la projection de nouveaux cinéastes, recrutent des étudiants pour l’accueil, organisent des festivals, facilitent l’accès du cinéma aux étudiants ainsi qu’aux retraités.

À la fin des années 70, le restaurant cède sa place à une quatrième salle.

1982

Frank-Forter est contraint de mettre en vente son complexe. L’acquéreur, le Comité d’Entreprise de la Caisse d’Épargne d’Île-de-France rachète le bâtiment pour un usage privatisé. Toutefois, deux salles sont préservées (de 120 et 65 places) et réservées aux salariés et à leurs proches. Le reste du bâtiment est transformé en centre culturel dédié aux activités des salariés. 

1990 à 2009

Sanvi Panou crée l’association Images d’Ailleurs et devient directeur du cinéma. Le bâtiment redevient public au travers de ses deux salles à partir de 1990. Le cinéma devient associatif et indépendant. Images d’Ailleurs travaille à la promotion d’œuvres issues des cultures afro-américaines et sous-représentées.

Sanvi Panou dans Week-End (1967) de Jean-Luc Godard.

Le cinéma est repris par l’association L’Usage du monde, puis par l’association Le Cinéma La Clef. Il continue de proposer une programmation unique à Paris. Derek Woolfenden, cinéaste et programmateur, est président de l’association de 2010 à 2015 puis salarié pour le cinéma La Clef de 2015 à 2018. Isabelle Buron, attachée de presse, devient présidente à son tour de 2015 à 2018.

2015

Juin : Le C.E.C.E.I.D.F. (Comité d’Entreprise de la Caisse d’Épargne d’Île-de-France), à majorité syndicale CGT et SUD met en vente La Clef à 1,5 million d’euros. Première tentative de rachat par Raphaël Vion, le directeur de salle déjà sur place depuis 2010.

2017

Le C.E.C.E.I.D.F. devient le Comité Social et Économique de la Caisse d’Épargne d’Île-De-France (C.S.E.C.E.I.D.F.).

2018

15 Avril : Fermeture dite « définitive » de La Clef. Les anciens salariés Nicolas Tarchiani, Dounia Baba-Aissa, Sébastien Liatard et Derek Woolfenden (derrière le pseudonyme Giulio Basletti) lancent une tentative de reprise du cinéma. Le prix du bâtiment est passé à 4 millions d’euros.

Juin : Élection du nouveau bureau à la tête du Comité Social et Économique de la Caisse d’Épargne Île-de-France (CSECEIDF) : le SNE-CGC (la branche syndicale bancaire de la CFE-CGC) et la CFDT prennent les commandes pour quatre ans.

2019

Février : fermeture du cinéma l’Olympia à La Rochelle

Courant mai : Échec de la tentative de reprise par deux des anciens salariés de La Clef, Nicolas Tarchiani et Dounia Baba-Aissa.

Mai-septembre : Derek Woolfenden, ancien salarié de La Clef, élabore, seul, tous les fondamentaux de l’occupation à venir : la revendication stratégique de défendre une occupation plutôt qu’un squat, une programmation journalière, collective et à prix libre, la création de l’association « Home Cinéma » pour protéger les individus assignés sur une procédure judiciaire et se positionner en « garde fou » contre toute spéculation immobilière. Il créé aussi l’appellation de « La Clef Revival » pour identifier temporairement le cinéma occupé illégalement et fonctionnant en auto-gestion, une programmation dense de films pour mobiliser quotidiennement le milieu professionnel et les riverains. Derek Woolfenden, qui parfois utilise le pseudonyme Chaney Grissom, sollicite Curry Vavart (création d’un site, d’une boîte mail consacrée, d’une page Facebook, de Twitter et d’Instagram 1) avant de requérir l’aide d’autres associations et lieux alternatifs parisiens intra muros comme Le Post ou le Jardin Denfert.

1 Tous récupérés par L’association tardive de La Clef Revival.

Mercredi 4 septembre : première réunion officieuse au Shakirail pour occuper La Clef.

Courant septembre : Derek Woolfenden intercepte l’information suivante : une promesse de vente du lieu se profile et une signature est prévue en octobre avec LCJ Éditions pour un théâtre privé. Nous sommes très loin des revendications à venir de l’association Home Cinéma visant à défendre un cinéma associatif et indépendant avant toute chose.

20 septembre : Derrière l’association Home Cinéma, deux anciens salariés du cinéma (Derek Woolfenden et Sébastien Liatard), puis des cinéphiles, réalisateur.ice.s, professionnel.le.s du cinéma (SMAC), étudiant.e.s, habitant.e.s du quartier (Laissez-nous La Clef) et artistes issu·e·s de squats artistiques (Curry Vavart, le Post et le Jardin Denfert) décident d’occuper illégalement La Clef de manière citoyenne et désintéressée. L’association Home Cinéma s’engage à cesser l’occupation du lieu dès qu’elle aura la confirmation écrite et orale, devant témoins journalistiques et juridiques, que La Clef restera un cinéma indépendant et, plus que tout, associatif. L’occupation est ensuite rejointe par le Doc !, Les Froufrous de Lilith, La Serrure, Conséquences, d’autres riverain.e.s et cinéphiles, puis Grave.

21 septembre : Première projection de La Clef occupée avec un projecteur de fortune : Attica (1974) de Cinda Firestone. Le cinéma La Clef devient La Clef Revival, et ce pour tout le temps de l’occupation.

23 septembre : Première rencontre entre Home Cinéma et Frédéric Hocquard (adjoint à la Ville de Paris, chargé de la vie nocturne et de la diversité de l’économie culturelle).

Photo : Juan Rodriguez.

24 septembre : Les forces de l’ordre sont dépêchées par le propriétaire. Premier passage de l’huissier. Six occupants se portent volontaire pour être assignés en justice : Derek Woolfenden (président de l’association Home Cinéma), Alexandre Gain, Gabriel Bertholon (trésorier de l’association Home Cinéma), Guillaume Rémus, Félix Imbert et Thibault Jacquin.

The Warriors (1979) de Walter Hill est projeté le soir même pour illustrer, à défaut des bandes organisées à New York au début du film, les milieux artistiques et pluridisciplinaires des occupations précaires parisiennes.

Dès les premiers mois de l’occupation, Gabriel Bertholon réalise des photos qu’il développe lui-même dans le labo photo du cinéma (abandonné en 2015) qu’il remet sur pied et pour lequel il organise des sessions de développement à prix libre !

27 septembre : Projection du film Kashima Paradise (1973) de Bénie Deswarte, qui inaugure une programmation collective et quotidienne. Des films seront projetés sans interruption jusqu’au 13 mars 2020 inclus, soit quatre jours avant le premier confinement. Sensibilisation de Derek Woolfenden de la situation du cinéma La Clef à la Cinémathèque française.

8 octobre : Au CSE CEIDF, réunion extraordinaire en vue d’expulser les occupants du Cinéma La Clef Revival. Mobilisation pacifique et citoyenne des occupants devant leurs murs. 16 voix contre 9 décident de maintenir l’expulsion. Dans l’attente de la date du jugement, les projections continuent.

Un peu plus tôt le même jour, Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen est « expulsé ». Suite à une décision de justice du 15 janvier 2020, les artistes pourront réintégrer le lieu.

« Derek, l’insoumis » Photo : Shanti Masud.

21 octobre : Première rencontre avec Florence Berthout, la Maire du 5ème arrondissement.

24 octobre : Assemblée extraordinaire du cinéma La Clef Revival en présence de Florence Berthout, Frédéric Hocquard et de nombreux professionnels du cinéma.

Photo : Naguib-Michel Sidhom

Courant octobre et novembre : Serge Sarve des Éditions LCJ entend acheter le Cinéma La Clef, se ravise face à la mobilisation des occupants et de leur programmation, revient à la charge avec les équipes de Splendor Films (Serge Fendrikoff) avant de se retirer définitivement, n’ayant pas les soutiens médiatiques escomptés et devant l’ampleur d’une lutte sociale et culturelle qui s’est engagée au cinéma La Clef. Dispute avec Stéphane Goudet du Méliès dont le soutien est soit équivoque (Fendrikoff est un ancien collègue qu’il soutient également), soit intéressé (insistance pour que l’on programme le film de son combat du cinéma Le Méliès à Montreuil).

Soutien d’une princesse… Clotilde Courau. Photo : Naguib-Michel Sidhom.

1er novembre : Certains artistes squatteurs présents à la (ré)ouverture du cinéma La Clef réussissent à ouvrir un lieu pour y installer leurs ateliers d’artistes : le Dragono.

5 novembre : Première comparution en justice des six assignés qui aboutit à un report de la date d’audience.

24 novembre : Lettre ouverte adressée à la Maire de Paris, Anne Hidalgo, et écrite en grande partie par Jules Cruveiller.

28 novembre : Deuxième comparution en justice des six assignés.

4 décembre : Vernissage de l’exposition artistique « Tremblez Mortels ! » consacrée à l’œuvre d’Antoine Alliot qui permet d’inaugurer une salle d’exposition derrière l’écran de projection de la grande salle (Commissaire d’exposition : Curry Vavart).

Nuit du 06 au 07 décembre : Space Invader, installe une de ses mosaïques spécialement créée sur le mur de La Clef, juste avant une projection spéciale dédiée à l’occasion de la sortie du DVD et des 20 ans de la sortie de @nonymous.

Une contribution artistique de Disco Invaders à l’occupation !

13 décembre : Disco Invaders s’en mêle…

15 décembre : Journée et goûter organisés par les riverains du collectif Laissez-nous La Clef (« Tous à La Clef »). Agnès Jaoui apporte son soutien à l’occupation du Cinéma La Clef.

17 décembre : Un courrier est adressé par Home Cinéma à Didier Patault, président du Directoire de la Caisse d’Épargne Île-de-France. Il contient une pétition signée, chaque soir de séance depuis plusieurs semaines, par une grande partie du public.

19 décembre : Le verdict tombe. Les occupants du cinéma La Clef Revival doivent quitter les lieux. Grâce à la mobilisation autour de l’occupation, au soutien du quartier, de la presse, de professionnels du cinéma et de politiques, ils décident de maintenir l’occupation.

20 décembre : Décrochage avant terme de l’exposition d’Antoine Alliot dans la crainte d’une expulsion imminente de La Clef.

24 décembre : Le soir de Noël, à l’issue de la séance, le public est invité à rester pour festoyer.

31 décembre : À l’issue de la séance de Plein la gueule (1974) de Robert Aldrich, une gigantesque fête de Nouvel An débute à La Clef.

2020

1er janvier : L’agence Plurimedia diffuse la programmation de La Clef Revival pour qu’elle soit publiée dans L’Officiel des spectacles, Télérama Sortir

Début janvier : un des deux anciens salariés du cinéma La Clef, ayant effectué de nombreuses projections et assuré la passation technique des projections à d’autres bénévoles occupant-e-s, met en pause sa participation quotidienne dans l’occupation.

8 janvier : Deuxième passage de l’huissier. Il vient annoncer la récente décision du Tribunal d’Instance de Paris : l’association Home Cinéma et les occupant-e-s ont un mois pour quitter les lieux.

13 janvier : Le collectif Conséquences quitte l’occupation et cesse de programmer à l’issue de la séance du Dernier Maquis (2008) de Rabah Ameur-Zaïmeche.

Mi-janvier : Nicolas Tarchiani et Dounia Baba-Aissa, qui avaient mis en place un projet de reprise légale du cinéma La Clef finalement refusé en mai 2019 par le propriétaire du lieu, acceptent, en soutien à la lutte, de céder gracieusement à l’occupation le fruit de tout leur précédent travail : dossier de reprise, business plan, statuts, aspects juridiques…

22 janvier : Élaboration du projet de reprise de l’exploitation du cinéma par les occupant-e-s et adaptation du dossier originel légué par les anciens salariés pour préserver l’occupation et maintenir son bras de fer avec le propriétaire et les pouvoirs publics. Rencontre avec le C.N.C. (Centre National du Cinéma et de l’image animée).

23 janvier : Mobilisation de Home Cinéma devant l’hôtel Thoinard, 19 rue du Louvre, siège historique de la Caisse d’Épargne. Première rencontre avec Denis Gravouille, secrétaire de la CGT Spectacle.

25 janvier : Changement du logo de La Clef Revival par le collectif des Froufrous de Lilith au travers du réseau social de Facebook, sans en discuter en réunion, ni avec le bureau d’Home Cinéma, et surtout sans en discuter avec l’ancien graphiste qui œuvra au premier logo bénévolement.

25 et 26 janvier : Délégation de l’association Home Cinéma au Festival International du Film de Rotterdam (IFFR) pour participer à la réunion Kino Climates (réseau européens des cinémas indépendants).

Du 30 janvier au 2 février : Festival des films de la maison. Au travers de cet événement, les occupant-e-s démontrent aussi qu’ils sont des cinéastes pour déjouer la vision réductrice les assignant à des rôles de squatters uniquement.

6 février : Premières fresques de Vivien Le Jeune Durhin (du Dragono, squat artistique parisien) commanditées par Derek Woolfenden et mises en place grâce aux cordistes Kevin et Nazim (« Les cordistes à vélo »). La première fresque reprend une citation de Godard. La deuxième retrace et célèbre les premiers mois de l’occupation. Premier graffiti de Urm-le-Fou sur le rideau de fer du cinéma.

9 février : L’association Home Cinéma est officiellement expulsable. Le C.S.E., propriétaire des murs, refuse de la recevoir. Tous les soirs, à 19h30, les projections continuent grâce aux occupants et aux bénévoles.

15 février : Détournement à La Clef de la cérémonie des Césars par les « Colleuses », militantes féministes adeptes de collages dans les rues du pays.

Les colleuses, groupe féministe qui colle des messages contre les féminicides, a demandé au cinéma la Clef de tourner un petit film pour dénoncer l’attribution des Cesars. Le CNC et le gouvernement n’échappent pas à la colère des colleuses. A la fin, Derek, l’un des membres du collectif Home Cinéma, leur demande de se bander les yeux afin de réaliser un message sur ce que signifierait la fermeture du dernier cinéma associatif de Paris… Photo : Livia Saavedra.

17 février : L’huissier de justice revient récupérer La Clef. Elle ne lui est pas rendue !! L’expulsion manu militari devient imminente…

1er mars : Le collectif La Serrure quitte l’occupation et cesse de programmer à l’issue d’une séance consacrée à Carole Roussopoulos et Grisélidis Réal (et en présence d’Anna Mouglalis).

13 mars : Dernière séance à La Clef avant fermeture et avant la longue période d’enfermement qui s’ensuit. Elle prend la forme d’une soirée spéciale consacrée aux Cahiers du Cinéma et à son équipe démissionnaire pour protester contre la vente de l’emblématique titre de presse et son rachat par un groupe de vingt investisseurs dont huit sont des producteurs de cinéma. Une discussion avec l’ancienne rédaction opposée au récent changement de propriétaire de la revue s’engage d’abord, puis Over The Edge (1979) de Jonathan Kaplan est projeté dans la foulée avant la fermeture du cinéma en raison de la pandémie.

15 mars : 1er tour des élections municipales pour lesquelles la situation à La Clef constitue un enjeu local de campagne.

16 mars : Début du confinement à La Clef. La Clef Revival devient La Clef Survival, appellation également inventée par Derek Woolfenden, le fondateur de La Clef Revival afin de désigner le lieu fermé et sous pandémie. Publication des « Antidotes à la morosité » (compilations de formes hétérogènes liées, de près ou de loin, au cinéma) sur les réseaux sociaux.

Avril 2020 : Début de l’accueil des brigades solidarité au sein du cinéma dont une de leur section se fera expulser à Montreuil le 1er mai en pleine distribution alimentaire.

10 avril : Puisqu’il n’est pas possible de projeter en intérieur, les projections reprennent chaque vendredi à la nuit tombée en extérieur. La Clef Survival inaugure le plein-air officieusement avec la diffusion de L’An 01 (1973) de Jacques Doillon sur un mur au-dessus de la courette du cinéma au rez-de-chaussée.

17 avril : À l’initiative du président d’Home Cinéma, première projection officielle sur le mur pignon qui surplombe le cinéma : La Nuit du chasseur (1955) de Charles Laughton. C’est le début d’une programmation hebdomadaire de séances en plein air, qui durera jusqu’à la réouverture des salles. L’événement bénéficie d’une couverture médiatique internationale. Seront projetés successivement L’Homme qui n’a pas d’étoile (1955) de King Vidor, Film-tract : n°1968 (1968) de Gérard Fromanger et Jean-Luc Godard, La Matelassière (1987) d’Alain Cavalier, More Dangerous Than a Thousand Rioters (2016) de Kelly Gallagher, La Séquence de la fleur de papier (3e sketche du film La Contestation, 1969) de Pier Paolo Pasolini, Zéro de conduite (1933) de Jean Vigo, Rhodia 4/8 (1969) du Groupe Medvedkine, Porco Rosso (1992) de Hayao Miyazaki, Mur murs (1981) d’Agnès Varda, La Cinéphilie, une terre indienne Shoshone (2020) de Home Cinéma, Rainbow Dance (1936) de Len Lye, Les cinq cent balles (1961) de Melvin Van Peebles, Le Ballon rouge (1956) d’Albert Lamorisse, L’acteur (1975), Une bombe, par hasard (1969), Potr’ et la fille des eaux (1974) de Jean-François Laguionie, Now ! (1965) de Santiago Alvarez, Cops (1922) de Buster Keaton et Edward F. Cline, 137 Bullets (2017) de Paul Turano, Never Catch Me (Flying Lotus, 2014) de Hiro Murai, Black’s Black (2005) de Derek Woolfenden, Still I Rise (1978) de Maya Angelou, Danse serpentine par Mme Bob Walter (1897), Le Billet de banque (1907), La Glu (1906), Le ballon dirigeable « Le Patrie » (1907), Lina Esbrard, danse serpentine (1902), Comment Monsieur prend son bain (1903), Madame a des envies (1906), Une histoire roulante (1906), Algie the Miner (1912), Falling Leaves (1912) d’Alice Guy, Viy (1967) de Constantin Erchov et Gueorgui Kropatchev, Wattstax (1973) de Mel Stuart.

30 avril : Le CSE dépêche le cabinet de Quénetain pour faire des mesures sur place en pleine pandémie et sans prévenir les occupants. L’association Home Cinéma leur refuse l’entrée sous des prétextes sanitaires, mais avec cordialité.

1 mai : Le soutien du « Mur de 20h » à Clichy-la-Garenne, grâce à l’enquête de certains médias, s’avère être celui d’un cadre de la cellule Communication du parti Rassemblement National.

6 mai : Publication d’un roman photo (« Conficiné ») réalisé par deux confinés de La Clef (Derek Woolfenden et Paola Raiman) et du point de vue du cinéma au travers de films préexistants et hétérogènes.

8 mai : Comme décidé par la justice fin 2019, et à compter de cette date, une astreinte de 350 euros par jour d’occupation pèse sur les 6 assignés. En soutien, quelques parisienn-e-s et l’association Couleur de Temps projettent de leur côté des films sur les murs de la capitale.

2 juin : Réouverture de tous les musées et monuments. Le port du masque reste obligatoire et la gestion de l’espace devra se conformer au protocole sanitaire.

8 juin : Initialement prévu à cette date, le procès en appel est reporté à plus tard en raison de la pandémie.

9 juin : Rencontre avec Frédéric Hocquard, Marie-Christine Lemardeley (Adjointe à la Maire de Paris en charge de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante) et Laurent Audouin (conseiller du 5e arrondissement et représentant de la mairie du 5e arrondissement et de la Ville de Paris) au bar Le Censier pour parler préemption tout en cherchant à utiliser l’occupation du cinéma par Home Cinéma pour de l’électoralisme.

21 juin : Après 11 séances qui font les titres de la presse nationale et internationale, douzième et dernière séance en plein-air le soir de la fête de la musique avec la projection de Wattstax (1973) de Mel Stuart.

22 juin : Réouverture des salles de cinéma en France, et notamment à La Clef Revival avec la projection de Cry Baby de John Waters (1990). Salles combles !

28 juin : L’équipe municipale sortante, qui s’est positionnée pendant la campagne électorale pour la sauvegarde du cinéma La Clef et le soutien à Home Cinéma, est réélue.

30 juin : Première projection DCP au cinéma La Clef avec la séance de Mes Chers Amis (1975) de Mario Monicelli.

Juin-juillet-août : Harcèlements, graffitis, menaces de mort et dégradations diverses par un riverain en guerre contre l’association Home Cinéma et plus précisément envers son président pour avoir refusé la projection privée du film Midsommar (pour rappel : dans le contexte de la pandémie et la menace d’exclusion toujours en cours à ce moment-là).

1er août : Création d’une typographie (« gig ») spécialement pour le cinéma La Clef par Anton Moglia.

Fin août : Fermeture définitive du Cinéma Accattone après la cessation de son activité le 23 juillet 2019.

4 septembre : Projection hors-les-murs du film Talking about Trees (2019) de Suhaib Gasmelbari à l’Institut du Monde Arabe par les occupants du Cinéma La Clef.

Courant septembre et octobre : Pour fêter l’anniversaire de l’occupation citoyenne du cinéma La Clef, et pour préparer le procès en appel, Home Cinema invite chaque soir, tout au long du mois de septembre et d’octobre, des cinéastes de renom, et notamment grâce aux contacts d’une ex-rédactrice des Cahiers du Cinéma (équipe démissionnaire), du Smac, de la boîte de production Hatari et des Froufrous de Lilith : Agnès Jaoui, Guillaume Brac, Stefano Savona, Marc Fitoussi, Catherine Breillat, Françoise Vergès, Said Ben Said, Caroline Champetier, Claire Simon, Noémie Lvovsky, Luc Moulet, Alain Cavalier, Rabah Ameur-Zaïmeche, Bertrand Bonello, Claire Denis, Alain Gomis, Léa Fehner, Chassol…

Premier soutien de Jean-Luc Godard avec la projection de son film rare Le Livre d’image (2018) de Jean-Luc Godard suivi d’une carte blanche à ce dernier.

11 septembre : Une délégation d’adjoint-e-s à la maire de Paris, dont Karine Rolland pour la culture, vient rencontrer les occupant-e-s de La Clef. Les promesses de la campagne électorale, pourtant encore toute récentes, semblent tout d’un coup bien loin.

12 septembre : La Fête de l’Humanité offre une carte blanche en ligne à Home Cinéma. Une occasion de découvrir, entre autres, Le Point du jour (1949), film méconnu de Louis Daquin avec Michel Piccoli dans son premier rôle.

15 septembre : Assemblée extraordinaire : « Quel avenir pour le cinéma La Clef ? ».

Mi septembre : Le Président d’Home Cinéma émet l’idée de publier un livre consacré à l’occupation pour sensibiliser le milieu des éditions à la préservation du Cinéma La Clef. Ce projet deviendra effectif en janvier 2021 grâce à la complicité de Vivien Le Jeune Durhin.

21 septembre : Procès en appel et date d’anniversaire de la première projection publique de Home Cinéma pour le cinéma La Clef Revival. Projection ironique du Procès (1962) d’Orson Welles.

23 septembre : Soirée à La Flèche d’or en soutien à Home Cinéma avec la projection de L’Exorciste Chinois 2 (1989) de Sammo Hung et un concert du groupe Heimat.

10 octobre : De nouvelles fresques de Vivien Le Jeune Durhin (avec la complicité des « cordistes à vélo ») commanditées par Derek Woolfenden apparaissent au-dessus de la verrière du cinéma avec notamment une citation du cinéaste Marcel Hanoun.

Du 15 au 21 octobre : Carte blanche à Jean-Luc Godard. Ses interventions sont très rares, pourtant le cinéaste apporte son soutien à Home Cinéma via un texte et un choix de programmation de 7 films.

16 octobre : Dernière séance à 20h en raison du couvre feu national qui démarre le lendemain. À partir du 17 octobre, les séances sont avancées à 18h.

18 octobre : Urm-le-Fou réalise le graffiti René Vautier sur le rideau de fer.

21 octobre : Mobilisation de quelques membres d’Home Cinéma à la manifestation pour le Droit au Logement et contre la loi ASAP devant le Sénat (loi pour la simplification de la procédure d’expulsion de squatteurs occupant illégalement des lieux).

22 octobre : Lancement du fonds de dotation « Cinéma Revival : pour un cinéma associatif » et racheter le cinéma La Clef. Le fonds de dotation est une structure neutre sans actionnaire ni propriétaire et sans visée lucrative. Son but est de mettre à disposition le bâtiment de la Clef à Home Cinéma afin de poursuivre l’aventure du cinéma La Clef Revival. Le bureau de « Cinéma Revival » est composée de 4 administrateurs dont 1 président. Aucun des membres du bureau d’Home Cinéma ne fait partie du fonds de dotation…

28 octobre : Délibéré de la Cour d’appel : la justice condamne l’association Home Cinéma à une amende de 2 500 euros, mais reconnaît la légitimé de son combat en lui octroyant un délai de six mois durant lequel elle n’est plus expulsable. Quant à l’astreinte de 70 000 euros qui pesait sur les six personnes assignées, elle est supprimée. C’est un fait rare, presque une première. D’une certaine façon, l’utilité publique de La Clef Revival est ainsi reconnue et légitimée. Une décision de justice qui fera jurisprudence ?

29 octobre : Mobilisation des occupants devant le siège administratif de la Caisse d’Épargne pour alerter les votant-e-s d’une main basse sur le cinéma par le Groupe SOS… Le CSE de la CEIDF se prononce, à travers un vote, en faveur de la vente de La Clef et de ses occupant-e-s au Groupe SOS.

Avant la nouvelle fermeture de La Clef, c’est un film du cycle « Riff’s Kicks » (dédié aux arts-martiaux au cinéma), The Street Fighter (1974) de Shigehiro Ozawa qui vient clôturer la programmation et marquer la dernière séance de l’année.

Début novembre : Rencontre avec un promoteur immobilier indépendant et son fils qui nous proposent de racheter l’ensemble du bâtiment puis de le revendre à 2 M€ la partie du bâtiment hébergeant les salles de cinéma, le labo photo et la salle polyvalente. Avant la scission (d’octobre 2021), une partie du collectif, la partie également à la manœuvre dans le fonds de dotation, ne montrera jamais un grand enthousiasme au sujet de cette possibilité.

Courant novembre : Avalanche de « Copyfights » (ciné-tracts) sur les réseaux sociaux. Très régulièrement, et jusqu’à l’été 2021, le « Copyfight de 20h » égratigne le Groupe SOS, le CSE CEIDF et la Mairie de Paris.

11 novembre : Le projet de loi de programmation pour la recherche permet une tentative à LREM de glisser un article punissant jusqu’à 3 ans de prison l’occupation des campus universitaires : « Le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement, est passible des sanctions. » Les sanctions en question vont jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende si les faits sont effectués en réunion.

16 novembre : Publication du premier numéro de Kill The Darling, le fanzine porté par l’association Home Cinéma.

17 novembre : Mobilisation contre la proposition de loi « Sécurité globale » devant l’Assemblée Nationale : « Police partout, images nulle part ».

21 novembre : Mobilisation contre la Sécurité globale (à Trocadéro).

28 novembre : Mobilisation contre la Sécurité globale (de République à Bastille).

30 novembre : Signature, entre le CSE CEIDF et le Groupe SOS, de la promesse de vente du bâtiment. Prix de vente : 4,2 millions d’euros, soit 200 000 € de plus que le montant attendu par le CSE CEIDF.
Le compte à rebours est lancé !! La Mairie de Paris dispose de 2 mois pour préempter ce lieu unique à Paris et respecter ainsi son engagement de campagne électorale.

30 novembre : Lancement du Studio 34 par Gautier Raguenes (et Éole Bony), président par ailleurs du fonds de dotation (Cinéma Revival). Le Studio 34 est un laboratoire de fabrication cinématographique, indépendant et associatif, dédié à la jeune création et au partage des savoir-faire, mais non sans la contribution financière de Home Cinéma à la production…

3 décembre : Le Studio 34 diffuse son appel à projets de courts-métrages pour une résidence de création de neuf mois, prenant en charge toutes les étapes de fabrication des films, de l’écriture à la diffusion.

14 décembre : Tribune des occupants dans Médiapart (écrit en grande partie par Éole Bony, et gérant, seul, le compte Twitter) afin de relayer le projet de sauvetage du cinéma à caractère désintéressé que propose Home Cinéma, et afin de faire connaître la véritable menace que constitue le Groupe SOS.

15 décembre : Le Groupe SOS, géant de l’économie dite « sociale et solidaire » signe une promesse de vente avec le CSE pour acquérir les murs de La Clef.

15 décembre : Mobilisation contre la fermeture prolongée des lieux de culture à Bastille.

2021

13 janvier : Réunion à l’Hôtel de Ville entre des élu·e·s de la Ville de Paris, des représentants du Groupe SOS et des membres d’Home Cinéma. La Ville de Paris revient sur son souhait de préempter et préconise une médiation entre Home Cinéma et le Groupe SOS, pourtant présentés comme incompatibles par l’association.

14 janvier : Netflix devient mécène de la Cinémathèque française.

15 janvier : Plein air et ciné-concert improvisé sur Entr’Acte de René Clair (1924), en remplacement du film Un chant d’amour de Jean Genet sous des conseils juridiques d’ordre pénal. Événement en partenariat avec la S.R.F. (Société des réalisateurs de films).

16 janvier : Le couvre-feu est avancé de 20h à 18h.

18 janvier : Publication par Home Cinéma sur les réseaux sociaux de son dossier de reprise du cinéma La Clef un an après…

Mi-janvier 2021 : L’idée d’une grève de la faim par le président de l’association Home Cinéma est refusée par une grande part du collectif.

24 janvier : Inauguration du Studio 34 avec une journée d’initiation aux techniques de la lumière, menée en collaboration avec le collectif La Base.

27 janvier : Conférence de presse de l’association Home Cinéma, en présence de représentant.e.s du réseau de lieux culturels alternatifs Actes If.

30 janvier : En soutien au rassemblement parisien pour les libertés fondamentales et contre la loi « Sécurité globale », deux représentants de Home Cinéma prennent la parole place de la République afin de rappeler aux élu.e.s leurs engagements à l’égard du cinéma La Clef.

31 janvier : Atelier d’initiation consacré aux techniques de la caméra, mené avec le collectif La Base.

1er février : Orchestrée par l’association Laissez-nous La Clef, lettre ouverte et de soutien des habitant.e.s du 5ème à l’attention de la Maire Anne Hidalgo.

2 février : La Bibliothèque Nationale de France contacte Home Cinéma afin de proposer l’intégration dans son fonds d’archives de tous les exemplaires du fanzine Kill The Darling. tous les numéros publiés y sont donc conservés.

Quelques semaines plus tard, le Fanzinarium (bibliothèque associative de fanzines située au 48 rue des Vignoles dans le 20ème arrondissement de Paris) fera la même proposition à Home Cinéma.

4 février : Conseil de Paris. Le PS se mobilise pour contrer les arguments en faveur d’une préemption du bâtiment par la Ville de Paris.

11 février : Tribune de la S.R.F. en soutien à Home Cinéma et tentative de médiation avec la Ville de Paris, en vue de défendre la préemption du cinéma. La Ville de Paris accepte un rendez-vous avec la S.R.F., mais refuse la présence d’occupant·e·s. Solidaire avec ces derniers, la S.R.F décline la rencontre.

13 février : Lettres de soutien disposés sur chaque siège de la salle 1 pour une photo à publier sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser le public qu’on pense à lui, les salles de cinéma n’ayant pas encore été rouvertes.

14 février : Des stickers disposés sur chaque siège de la salle 2 pour une photo à publier sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser le public qu’on pense à lui, les salles de cinéma n’ayant pas encore été rouvertes.

17-20 février : Pendant quatre jours, La Clef émet en continu sa première webradio libre, joyeuse et engagée, « Radio La Clef ».

19 février : La CGT et France Insoumise se mobilisent devant le Cinéma La Clef. Fin du délai de préemption dont disposait la Ville de Paris.

22 février : Incendie domestique causée par une machine à laver défectueuse au sein du labo photo du cinéma.

23 février : Accueil des résident·e·s qui fabriqueront leurs films au sein du Studio 34.

22 février : Fermeture des portes du vidéoclub Vidéosphère, l’un des derniers de Paris. Le quartier Latin s’évide culturellement petit à petit…

27 février : Soutien de Leos Carax : collage photo « Don’t fuck with The Key ».

28 février : Première réunion de crise interne.

4 mars : Passage de la CGT au Cinéma La Clef avant l’occupation du théâtre de l’Odéon, et point de départ d’un mouvement d’occupation des lieux de culture en France et en Outre-Mer.

6 mars : Au sein du Studio 34, atelier d’initiation à l’écriture d’un projet documentaire, animé par des membres du collectif Lundi Soir et du festival Les Yeux Ouverts. Atelier d’initiation au montage documentaire sans écran, animé par Lola Scellier.

7 mars : Permanences de Home Cinéma devant La Clef Revival, dans le but de rencontrer les riverain·e·s et de les sensibiliser à la lutte. D’autres suivront jusqu’au 24 avril.

11 mars : Les CIP lancent l’opération #OuvrezLesCinémas pour la date anniversaire du premier confinement le 14 mars via une mobilisation devant le Majestic Bastille.

13 mars : Occupations de théâtres à travers toute la France. L’association Home Cinéma est invitée par les occupant·e·s de l’Odéon à prendre la parole sur le contexte culturel et politique du moment. Au 21 mars, 73 lieux seront occupés.

14 mars : Les Permanence d’Home Cinéma se régularisent en journée devant le cinéma pour ne pas perdre le contact avec les riverains, les cinéphiles, les militants, les soutiens.

1er avril : Place de l’Hôtel de ville, des étudiants, se revendiquant de l’occupation du cinéma La Clef et des théâtres occupés sous influences, créent la « séance zéro » pour lutter contre la fermeture des lieux de culture.

18 avril : Rencontre entre Bernard Friot et Daniel Bachet au cinéma occupé « La Clef ».

23 avril : Un appel commun CGT pour manifester donna lieu à cette manifestation du 23. Un des slogans emblématiques de cette mobilisation : « Occupons Partout ».

25 avril : Mobilisation devant le théâtre de l’Odéon.

2 mai : Petit rassemblement organisé par le collectif « séance zéro » en face du cinéma Le Luxy à Ivry-sur-seine pour débattre et penser les systèmes de productions du cinéma et du théâtre de demain. L’association Home Cinéma est invitée à intervenir…

Du 6 au 9 mai : Home Cinéma récidive et embarque à nouveau ses soutiens et son public avec « Radio Revival » et ses 4 jours (non-stop) combatifs et festifs de webradio dont certains temps forts avec les squats en voie d’extinction.

9 mai : Réunion de crise pour se prémunir d’une expulsion dans les jours qui suivent.

19 mai : Après pratiquement 7 mois de fermeture, projection de Zombie (1978) de Romero.

23 mai : Départ délibéré des occupants du théâtre de l’Odéon pour le 104.

28 mai : Soutien de Pierre-Ange Le Pogam à Home Cinéma. Pierre-Ange Le Pogam est l’un des premiers programmateurs du cinéma La Clef quand il était encore sous la coupe de son fondateur.

11 juin : Le délai de six mois étant passé, La Clef redevient officiellement expulsable. Projection ironique du film Bacurau (2019) de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles. La cagnotte du fonds de dotation « Cinéma Revival » est clôturée ce même jour avec un montant qui s’élève à 100 520 €. L’objectif fixé à 100 000 € est donc dépassé.

Vendredi 25 juin : Réunion de crise où certains membres simulent un départ de l’association et de l’occupation après avoir tenté d’attaquer sur plusieurs fronts le président et le fondateur de l’association occupante. Il s’agit d’un coup d’état avorté, mais les instigateurs de celui-ci sont reliés au fonds de dotation. C’est à cette occasion que les occupants apprennent non seulement la tentative d’escroquer le compte bancaire d’Home Cinéma par l’équipe du fonds de dotation, mais aussi le gonflage de 20 000 euros pour atteindre la barre des 100 000 sur HelloAsso !

Week-end du 3 et 4 juillet : Sortie du livre La Clef, cinéma occupé par Vivien Le Jeune Durhin et Antonin Faurel aux Editions Autonomes.

Juin ou juillet : Lancement de « La Petite Évasion », encore une initiative du fondateur de l’occupation. « La petite Évasion », ce sont des ateliers pédagogiques gratuits visant à sensibiliser les plus jeunes au cinéma qui se déroulent à l’extérieur du cinéma, comme en son sein.

12 juillet : Fermeture sans préavis de La Loupe, un groupe Facebook d’échange de films introuvables créé durant le premier confinement.

Été 2021 : démarrage d’écriture d’une charte à laquelle ne participera qu’une faible poignée d’occupants. Une réunion fin août 2021 est organisée pour préparer collectivement la suite de l’occupation, le devenir de l’association dans sa perspective légale ou illégale. Aucun des membres actifs du fonds de dotation ne participera (ni en présentiel ni par l’envoi d’une réponse par mail) à cette réunion. Seule, une représentante du fonds de dotation (mais n’étant pas au bureau de « Cinéma Revival ») reste floue quand à leurs avancées et réflexions.

21 juillet : abaissement volontaire de la jauge totale de La Clef à 49 spectateurs et spectatrices afin de permettre à tout le monde d’assister aux séances quel que soit son statut sanitaire. Cette jauge réduite se poursuit jusqu’au 9 août, moment à partir duquel un décret gouvernemental entre en place et ne permet plus le maintien de cette jauge non discriminante.

28 août (?) : Mobilisation au festival Silhouettes.

5 septembre : Débat organisé avec les distributeurs suite à la fermeture de La Loupe

20 septembre : Anniversaire des deux ans d’occupation par Home Cinéma avec la projection du film Scum (1979) d’Alan Clarke, séance précédée par une discussion avec l’Assemblée d’Île-de-France contre les centres de Rétention Administrative et la projection du court-métrage de Pauline Fonsy, À l’usage des vivants (2019).

Soutien de Mario Van Peebles, le fils acteur et réalisateur du légendaire Melvin.

5 octobre : Publication du numéro 29 du fanzine Kill The Darling, qui sera, sans le savoir alors, le dernier numéro édité.

8 octobre : Annulation au dernier moment de l’Assemblée générale extraodinaire prévue le 10 octobre et dont le programme était « massif » et à charge contre le Groupe SOS. Et une solution viable de sauver le cinéma devait y être exposée…

11 octobre : Sous les yeux d’Actes If, l’intégralité du bureau de Home Cinéma, ainsi que plus d’une dizaine de bénévoles historiques et actifs quittent l’occupation. À compter de ce jour, il ne reste plus aucun ancien salarié dans l’occupation du cinéma La Clef. Une question se pose : s’agit-il encore d’une occupation ?
L’association Home Cinéma annonce sa dissolution à l’issue d’une passation qu’elle souhaite constructive et apaisée avec une nouvelle association qui doit se mettre en place sous 10 jours.

24 octobre : Au cours d’une réunion portant sur la fin du fanzine (dont le dernier numéro sera bien celui paru le 5 octobre), des occupant-e-s ayant quitté l’occupation une dizaine de jours plus tôt apprennent que la nouvelle association compte prendre le nom de La Clef Revival. Les ancien-ne-s occupantes alertent alors les représentant-e-s des occupant-e-s qui poursuivent le combat que ce nom est inapproprié. Et cela à plusieurs titres : il y a là une récupération totale de l’idée d’un membre fondateur de l’occupation qui l’a quittée quelques jours plus tôt, cela créée une confusion entre l’appellation du lieu et l’association qui l’occupe, et enfin, si jamais l’association La Clef Revival venait dans le futur à quitter l’occupation (comme cela était arrivé quelques jours plus tôt à Home Cinéma), une troisième association pâtirait d’une situation handicapante l’obligeant à trouver un autre nom moins bénéfique que La Clef Revival. Ces arguments semblent entendus auprès des représentant-e-s occupant-e-s assistant à la réunion qui envisagent alors de trouver un autre nom pour la nouvelle association. Cette inflexion ne sera pas suivie d’effet et c’est bien le nom de La Clef Revival qui sera finalement retenu. Il ressort aussi de cette réunion que le numéro 29 du fanzine publié le 05/10/2021 sera le dernier numéro, malgré leurs velléités affichées sur les réseaux sociaux, quelques mois plus tard, d’en publier d’autres.

Courant novembre : Dépôt en préfecture des statuts de la La Clef Revival. Le nom de l’association qui poursuit la présence sur place ne se distingue donc plus du nom donné au cinéma occupé. Suite à la connaissance de cette information, le bureau de Home Cinéma n’a plus confiance en une passation sereine, constructive et respectueuse des actions accomplies par Home Cinéma.

20 décembre : Sous la médiation du Réseau Actes If (Réseau de 40 lieux artistiques et culturels indépendants en Île-de-France) en témoin neutre, réunion entre les deux associations à leur siège social (dans le 19e arrdt.). Au cours de cette réunion, une proposition concrète de transfert de responsabilité juridique entre les deux entités est faite par Home Cinéma. Malgré l’accord oral des deux parties ce jour-là, quelques jours plus tard, La Clef Revival ne signe pas le document de transfert de responsabilité juridique. Par ailleurs, La Clef Revival, qui a récupéré tous les outils de communication et tous les réseaux sociaux, s’engage lors de cette réunion à rédiger un communiqué de scission. Ce texte ne sera jamais rédigé ni publié.

Aussi, lors de la réunion de préparation de la passation du 20 décembre 2021, l’association née sous l’impulsion de personnes qui ont conduit à la scission d’octobre 2021, ne répond pas à la question qui lui est posée, à savoir si, en vue de sauver le cinéma, la piste d’un rachat total puis une revente partielle par le promoteur en question va continuer d’être explorée. La nouvelle association ne donnera jamais suite à cette piste.

Pour sauver un cinéma de quartier, c’est à dire mener à bien la revendication principale de l’occupation, quel est l’intérêt de payer 4,4 millions en 2022 alors qu’il était tout à fait possible de payer 2 millions d’euros pour aboutir au même résultat ? Cela s’apparente à une obstination idéologique qui conduit à une erreur stratégique et déontologique.
À partir de là, le dialogue en vue d’une passation est complètement rompu entre les deux associations.

Fin décembre : Pas de séances pour les soirs de fêtes de noël et de réveillon, contrairement aux fêtes de fin d’année 2019. L’association La Clef Revival rompt avec le cinéma de quartier comme refuge, mais confirme sa volonté de résidence et de privatisation de salle. Avec La Clef Revival, le terme « occupation » est désormais galvaudée. D’autant plus qu’aucun des anciens salariés du cinéma ne les soutient.

2022

Soutien de JLG (Ah, s’il avait su…)
Soutien extirpé de John Carpenter par une communicante (attachée de presse et membre de l’association opportune de La Clef Revival) : Ah… s’il savait qu’au moment de l’expulsion, Home Cinéma aurait montré son film Assaut plutôt que Cléo de 5 à 7… L’un parle de lutte, l’autre pas.

Du 24 janvier au 28 février : L’expulsion pouvant intervenir à tout moment, l’association La Clef Revival décide de multiplier les séances avec un démarrage des projections à 6h du matin, et une fin des projections à 23h le soir. Un rythme aux antipodes du projet de reprise pourtant défendu par La Clef Revival en cas de légalisation de la situation, à savoir une unique séance par jour ouverte au public. 

28 janvier : Annulation de la séance de Santa Sangre (1989) et de la présence de son réalisateur Alejandro Jodorowsky. Le collectif « Laissez-nous La Clef » quitte officiellement l’occupation.

Quand la séance de Jodorowsky fut annulée la veille par La Clef Revival, l’association en profita pour réaliser un communiqué dédié. Un débat sur les réseaux sociaux en émana, notamment Facebook. Des messages des contradicteurs de La Clef Revival (ou trop revendicatifs/divergents à leur goût) avaient été masqués, cachés, isolés, voire supprimés. Une pratique ressemblant à de la censure.

31 janvier : Tribune libre de La Clef Revival à Libération. Les propos des nouveaux et nouvelles occupant.e.s interpellent les membres fondateurs et ex-gardien.ne.s du lieu. Au-delà de la réappropriation de la lutte, ou de la récupération d’initiatives comme « La Petite Évasion » (créé par Derek Woolfenden), ce sont l’idéologie unilatérale revendiquée (et absente dans la promotion de leur collecte de fonds) dans la ligne éditoriale de leur programmation, pas si diversifiée que cela… : « Films queer, antiracistes, radicaux ». D’autres propos font mouche… « Une organisation collective, horizontale et inclusive, représentant un idéal d’autogestion » sous l’égide d’une gouvernance clanique du fonds de dotation comme Home Cinéma a déjà pu le subir et en souffrir ? Enfin, ce qui finit par inquiéter définitivement Home Cinéma, ce sont les propos suivants : « Si nous projetons et produisons des films queer, antiracistes, radicaux, c’est parce que ce sont des œuvres qui nous ressemblent. Si nous accordons une aussi grande place à la création émergente et aux récits les plus actuels, c’est parce que nous sommes issu·e·s d’une même génération, qui, de crise économique en crise sanitaire, refuse de se résigner. » Leur tribune ne fait aucune mention du quartier ou de la présence d’autres générations de spectateurs. C’est également un désaveu intellectuel et moral d’une extrême violence à l’égard de l’identité de la programmation historique initiée par Sanvi Panou dès 1990 avec « Images d’ailleurs ». En effet, il était question d’ »altérité » que La Clef Revival, dorénavant, a substitué au « même » (« ressemblance »). Notre cinéphilie (à Home Cinéma, exprimé au travers du fanzine « Kill The Darling », de notre programmation et de nos « copyfights ») nous en prémunissait pourtant de cet enfer du même si bien décrit dans les films d’horreur de Don Siegel (Body Snatchers) à John Carpenter (The Thing, They Live, Le Village des damnés) ! Ce qui dérange également, c’est une certaine bien-pensance affichée, beaucoup trop ostentatoire pour être sincère surtout en ce qui concerne les communautés racisées dont ils et elles se revendiquent alors qu’ils et elles sont tous et toutes de couleur blanche. Il semblerait bien y avoir à cet égard une réappropriation culturelle, mais surtout une spéculation des luttes sociales et culturelles pour une gloriole et une cagnotte à leur seul profit…

1er mars : Expulsion des occupants de l’association La Clef Revival. Au courant la veille au soir de leur expulsion, ils et elles décident pourtant de faire un appel à la mobilisation qu’à l’arrivée des forces de l’ordre sur place. Aucune résistance militante, ni même créative. À l’intérieur des murs, il projette symboliquement (?) Cléo de 5 à 7 (1962) d’Agnès Varda.

Home Cinéma avait pourtant prévu, une année auparavant, de monter sur le toit après s’être barricadé dans la salle de cinéma, et projeter Assaut (1976) de John Carpenter « pour » les forces de l’ordre si jamais elle réussissait à forcer les portes de la grande salle. Home Cinéma aurait ensuite recouvert le cinéma d’énormes bâches blanches ensanglantées et harangué la foule mobilisée à la manière d’Un après-midi de chien (1975) pour définitivement rallier l’unanimité des riverain.e.s à sauver ce cinéma au travers de l’aura médiatique provoqué et suscité. Dans ce contexte, vous comprenez bien que le soutien de John Carpenter a donc été extirpé par provocation à l’encontre de Home Cinéma et non par amour pour ses films.

23 septembre : Un article du Monde alerte Home Cinéma, l’association originale et fondatrice de l’occupation quand au partenariat financier de l’association La Clef Revival avec Pascal Breton, producteur pour Netflix… Et une nouvelle donne, absente jusqu’ici : « une véritable place pour le court-métrage ». Les fomenteurs et fomenteuses de la scission produisent ou réalisent des films de courts-métrages… Une seule séance par jour, une idéologie unilatérale, un axe favorisant les ambitions filmiques des occupants de La Clef Revival (au travers du court-métrage), un soutien financier de Netflix… Comment le Cinéma La Clef pourrait-il être un « bien commun » ouvert à tous et toutes ? Comment garantirait-il une programmation libre, indépendante et diversifiée avec tous ces paramètres contradictoires et mouvants au fur et à mesure de leur récolte de dons pour leur fonds de dotation « Cinéma Revival » ?

20 novembre : L’association Home Cinéma reprend le combat avec la complicité créative et bienveillante de Curry Vavart, et notamment au travers de certains fondateurs de l’occupation qui décident de créer une nouvelle association (hors-les-murs depuis la fin de l’occupation) : La Clef Survival. Exposition sauvage et projection en plein air dans le cadre de la 100e séance du Kino Club (ciné-club de l’asso Curry Vavart depuis 2010) marquent son coup d’envoi, sa naissance. Le cinéma est recouvert de bâches ensanglantées afin de notifier de son agonie, et tout au long du dernier court-métrage de la séance : Calanda (1967) de Juan Luis Buñuel. Cette idée plastique et visuelle avait été imaginée par Home Cinéma au cas où il y aurait eu expulsion dans le courant de l’année 2020.

21 novembre : Allocution intempestive de Derek Woolfenden lors d’une rencontre autour des difficultés de la création documentaire organisée par ADDOC et La Boucle Documentaire au Shakirail en vue de sensibiliser et alerter la profession des méthodes scandaleuses et fallacieuses de l’association La Clef Revival pour racheter le cinéma La Clef à un prix spéculatif et en faire un laboratoire de création audiovisuelle, autrement dit des bureaux de post-production avec une seule séance par jour.

23 novembre : Depuis le 11 octobre 2021 (date de la scission de l’occupation), au fil de l’eau, les droits d’accès en écriture et administration aux différents réseaux sociaux de La Clef (Facebok, Twitter, Instagram…) sont retirés aux différents membres ayant quitté l’occupation, et cela de façon unilatérale et sans avertissement préalable.
Une des membres de l’association La Clef Revival effectuera même une tentative de subtilisation de l’adresse mail de l’association Home Cinéma. Grâce à la vigilance de Home Cinéma, cette tentative sera avortée.

24 novembre : On découvre à notre grande surprise que plusieurs comptes Twitter de « La Clef Survival » viennent d’être créés, certainement pour disperser nos soutiens. L’association opportuniste de La Clef Revival est-elle derrière ? À votre avis…

Plusieurs membres de notre collectif sont également contactés par un sympathisant de l’association La Clef Revival, anciennement rattaché à l’INA et sociologue passionné par les questions d’auto-production. Ils ne répondront pas. Les méthodes avec le Groupe SOS sont confondantes. En effet, le porte-parole de ce mastodonte de l’ESS procéda de la même façon avec deux d’entre nous, vers le courant de la fin 2020, avant de tenter de nous parasiter sur les réseaux sociaux en vue de nous décrédibiliser et détourner nos soutiens.

Courant novembre : On découvre au travers de plusieurs postes sur les réseaux sociaux que La Clef Revival semble maintenant vouloir se débarrasser de « Revival »… Pourquoi vouloir s’appeler maintenant La Clef plutôt que La Clef Revival ? Est-ce de la présomption dans leur volonté de rachat du cinéma ? Ou encore créer de la confusion informative auprès du public ? Ou une manière de se défiler à nouveau face à nos accusations ? Ou une réappropriation arrogante et fallacieuse du combat des anciens salariés en simulant le cinéma comme leur étant acquis et légitime au travers d’un fonds de dotation ?

Suite à la projection plein air organisée par La Clef Survival et Curry Vavart, La Clef Revival demande à Actes If d’exclure l’association artistique Curry Vavart de son réseau de lieux en Ile de France, et en raison de son soutien à l’événement. Curry Vavart est pourtant à l’origine de l’occupation comme de toutes les armes communicationnelles récupérées par La Clef Revival !

27 novembre : un film du Studio 34 (la résidence de création de La Clef Revival) est récompensé par le prix du public au festival Entrevues de Belfort alors que trois membres de l’association La Clef Revival font parti de la sélection des films à ce même festival… Et une partie de l’argent qui a produit ce film vient de l’association Home Cinéma qui ne sera ni prévenu, ni remercié, ni crédité (semble-t-il).

« Tutto apposto gioia mia de Chloé Lecci Lopez. Et voici le premier né de la résidence du Studio 34, l’atelier de création du collectif La Clef Revival, d’ailleurs bien représenté lors de cette 37ème édition (on croisait des membres à chaque coin de rue, ou disons plutôt de buffet)! » (Chaos Reign, « Les Super nouvelles de la 37ème édition du Festival de Belfort » de Gautier Roos, 30 novembre 2022).

3 Décembre : Nos affiches (datant du 20 novembre) sont retirées des panneaux d’affichage du cinéma… Avec le graffiti de René Vautier en-dessous, on se souvient, non sans une ironie bien amère, du premier tract politique de Chaney Grissom (Derek Woolfenden) dès l’ouverture du cinéma en septembre 2019 : « La censure aime l’ombre ; dès que l’on essaie de faire son travail au grand jour, on la met dans une situation difficile. » (René Vautier, Caméra citoyenne)

2023

2 Février : Le site de La Clef Revival est remis à jour. La Clef Revival continue de se réapproprier tous les acquis de Home Cinéma (fanzines, copyfight, radios, Petite Évasion, slogans, prix libre…).

Des programmations régulières et hebdomadaires au squat conventionné du Doc ! permettent à son programmateur de récupérer le public du cinéma La Clef durant son occupation et d’auto-centrer une lutte à l’origine associative et collective.

3 Février : La proposition de loi Kasbarian-Bergé tendant à garantir le respect de la propriété immobilière plus communément nommée PPLAntisquat est adoptée ce vendredi 3 février en première lecture au sénat (252 pour / 91 contre).  » À cet égard, la proposition de loi crée une nouvelle infraction pour punir d’une amende de 3 550 euros « la propagande » ou la « publicité » visant à inciter au squat.  » Pour le syndicat des avocats de France :  » La loi « Kasbarian-Bergé » pourrait servir contre des salariés qui occupent une usine ou encore contre des militants associatifs. Ceux-ci seraient alors non seulement confrontés au risque d’une sanction pénale particulièrement dissuasive, mais au risque d’être expulsés pour flagrant délit  » prévient le SAF (Syndicat des Avocats de France).

Fin Février : De nouvelles affiches sont placardées par La Clef Survival sur les panneaux d’affichage du cinéma prévues habituellement pour les films en salles.

Quelques jours plus tard, elles seront retirées : « La censure est une institution enthousiasmante, car elle désigne toujours avec un peu de précision ce qui fait peur à l’État. » (Jean-Patrick Manchette, Les Yeux de la momie)

26 avril : Signature d’un compromis de vente par La Clef Revival (et Cinéma Revival) avec l’actuel propriétaire, le CSECEIDF, pour un montant de 2,9 millions (au lieu de 4,2 millions). La menace de la fin d’un cinéma de quartier pour une privatisation de ses salles se rapproche.

Du 26 au 28 avril : de rares et timides articles de presse se font brièvement l’écho des alertes remontées par La Clef Survival au sujet de la menace qui pèse sur le cinéma La Clef en cas de rachat par le groupe La Clef Revival / Cinéma Revival.

28 avril : en préambule du Kino-Konzert programmé lors de la première journée du festival de musique Umlaut au Shakirail (Paris 18ème), discours du président de Home Cinéma et La Clef Survival au sujet de la menace que fait peser le groupe La Clef Revival / Cinéma Revival sur le cinéma La Clef.

2 mai : passage radio du président de Home Cinéma et La Clef Survival en direct dans l’émission La vie est un roman animée par Yves Tenret sur la radio Aligre FM au sujet de la menace qui pèse sur le cinéma La Clef.

Période avril – mai : Différentes pressions sont utilisées sur quelques internautes isolés soutenant Home Cinéma et La Clef Survival, et relevant des méthodes de manipulation, d’intimidation et de diffamation.
La newsletter envoyée par le groupe La Clef Revival / Cinéma Revival le 13 mai est un exemple du caractère organisé des méthodologies citées visant à diaboliser le fondateur de l’occupation, réduire sa lutte à sa seule personne et faire diversion aux accusations que des anciens salariés, des riverains et des occupants de la première heure leur imputent pourtant.

8 juin : au Conseil de Paris, les élus de la Ville votent un vœu d’aide économique au groupe La Clef Revival / Cinéma Revival dans lequel ils s’engagent « à financer les travaux nécessaires à la réouverture du cinéma La Clef avec le concours des autres acteurs publics (Région, Etat…) et à soutenir l’équipement du lieu » et « à verser une subvention de fonctionnement à l’association en charge de l’activité du cinéma La Clef dès 2024 ».

13 juin : sur leur page Facebook « Cinéma La Clef », deux anciens salariés du cinéma qui avaient essayé de racheter le cinéma au printemps 2019, publient un communiqué dans lequel ils interpellent ouvertement le Comité Social et Économique de la Caisse d’Épargne Île-de-France sur les conditions de la vente (le propriétaire a accepté de baisser le prix de vente fixé à La Clef Revival, mais 4 ans plutôt, ce même propriétaire avait été inflexible sur le prix de vente fixé aux deux anciens salariés). Ils interpellent également l’association La Clef Revival sur le contenu réel de leur projet de reprise (nombre de séances quotidiennes prévues, ligne éditoriale en termes de pluralité cinématographique, nature de l’ancrage envisagé dans le quartier et avec les riverains…).

26 juin : le collectif de riverains « Laissez-nous La Clef » publie un communiqué sur sa page Facebook dans lequel il alerte les riverains et internautes sur la scission intervenue en octobre 2021, et sur la menace qui pèserait sur le cinéma La Clef en cas de rachat du bâtiment par le groupe La Clef Revival / Cinéma Revival.

27 juillet : entrée en vigueur de la loi Kasbarian-Bergé, dite loi « anti-squat », qui vient durcir les sanctions pénales en matière de squat et d’occupation de locaux, soit en augmentant les peines encourues, soit en créant de nouveaux délits.

22 août : au détour d’un commentaire interpellant La Clef Revival sur une de leur publications sur Facebook, l’association La Clef Revival reconnaît qu’il n’y aura pas 8 séances de cinéma par jour comme historiquement, puisque ses membres « s’engagent à assurer au moins une projection quotidienne » et par ailleurs, l’association La Clef Revival reconnaît qu’un « producteur français ayant travaillé avec Netflix » fait partie des donateurs au fonds de dotation Cinéma Revival.

20 septembre : envoi par un avocat missionné par Home Cinéma et par le président de Home Cinéma d’une mise en demeure à l’encontre de l’association La Clef Revival et du fonds de dotation Cinéma Revival pour des faits de contrefaçon aux droits d’auteur et de marques et pour des faits de parasitisme.

Du 21 au 24 septembre : l’exposition Solitude(s) au Shakirail présente les œuvres qui avaient été placardées sur les murs extérieurs du bâtiment de La Clef lors de la projection en plein air organisée le 22 novembre 2023 par Home Cinéma et par La Clef Survival.

26 octobre : le groupe La Clef Revival / Cinéma Revival informe le public qu’il n’obtiendra pas un prêt bancaire au niveau du montant escompté. Devant revoir ses ambitions financières à la baisse, le groupe La Clef Revival / Cinéma Revival n’est pas encore en mesure de racheter le bâtiment de La Clef et le propriétaire prolonge la validité de la promesse de vente de cinq mois, soit jusqu’à mars 2023.

28 et 29 octobre : afin de récolter de l’argent, le groupe La Clef Revival / Cinéma Revival organise un événement commercial se déroulant dans une institution culturelle parisienne très prisée (Palais de Tokyo), le tout sans lien direct avec l’univers du cinéma ni avec les valeurs d’un cinéma de quartier.

14 novembre au soir : fermeture du cinéma Bretagne à Montparnasse (Paris 6ème).

3 décembre au soir : fermeture du cinéma Gaumont Champs-Elysées Marignan situé avenue des Champs-Élysées (Paris 8ème).

2024

5-6-7 janvier : des anciens salariés et occupants du cinéma de la première heure tentent de réoccuper le cinéma La Clef. Ils écopent d’une garde à vue, et ils ont risqué de la prison pour sauver le cinéma La Clef.

3 février : conférence de presse à 11h des associations Home Cinéma, de La Clef Survival et du collectif Laissez-Nous La Clef au cinéma l’Épée de Bois dans le quartier Mouffetard (Paris 5ème). Suite à des pressions d’ordre économique et politique, l’exploitant du cinéma de L’Épée de bois ne peut accueillir la projection de presse comme prévu. La conférence aura lieu malgré tout devant le rideau de fer fermé du cinéma. En effet, une semaine avant, L’Epée de bois recevra la visite de deux membres de La Clef Revival ainsi que des pressions de la Mission Cinéma de la Ville de Paris (le bâtiment appartient à la RIVP, Régie Immobilière de la Ville de Paris) et de la responsable des CIP (Cinémas Indépendants Parisiens).

16 février : Le collectif Laissez-Nous La Clef lance la pétition en ligne « Revival Non Merci ! » pour alerter les pouvoirs publics, la Maire du 5e et les riverains du quartier, comme d’ailleurs, sur l’opération immobilière orchestrée par l’association La Clef Revival et le fonds de dotation Cinéma Revival. La pétition est accessible sur le lien suivant : https://chng.it/QQztVBGrm5

27 février : audience en référé au Tribunal judiciaire de Paris pour des faits de contrefaçon aux droits d’auteur et de marques et pour des faits de parasitisme qui sont imputés à l’association La Clef Revival et au fonds de dotation Cinéma Revival. Audience reportée au 19 mars.

19 mars : audience en référé au Tribunal judiciaire de Paris pour des faits de contrefaçon aux droits d’auteur et de marques et pour des faits de parasitisme qui sont imputés à l’association La Clef Revival et au fonds de dotation Cinéma Revival. Audience reportée au 23 avril.

Fin mars : aucune nouvelle de la signature du compromis de vente prévue du 26 mars au 29 mars entre Cinéma Revival et le CSECEIDF. Pourtant, les communications de La Clef Revival ont amplement joué sur l’attente de cette date. Par contre, l’article du Film français annonçant notre action juridique en cours est mis hors ligne le week-end de Pâques. Pressions politiques, lobbying agressif, erreur technique ?!

23 avril : audience en référé au Tribunal judiciaire de Paris pour des faits de contrefaçon aux droits d’auteur et de marques et pour des faits de parasitisme qui sont imputés à l’association La Clef Revival et au fonds de dotation Cinéma Revival. Les deux avocats Jean-Baptiste Soufron (association Home Cinéma) et Robin Antoniotti (association La Clef Revival et fonds de dotation Cinéma Revival) plaident. La juge annonce le délibéré pour le jeudi 13 juin.

29 avril : Publication sur Facebook d’un communiqué par les anciens salariés du cinéma qui témoigne du rachat en cours et d’une baisse de prix considérable en faveur des futurs propriétaires et ex-occupants du cinéma La Clef, ces derniers ayant trahit les premières revendications initiales à sauver un cinéma de manière désintéressée. De plus, le PLU* modifié l’année dernière, pour préserver les deux salles de cinéma, ne permettra pas à celles-ci de pérenniser l’exploitation cinématographique et emblématique du lieu. C’est non seulement la fin d’un cinéma de quartier qui n’aura pas le droit d’avoir ses funérailles pour cause de l’illusion bien entretenue de son sauvetage par les communicants de La Clef Revival, mais c’est aussi l’échec évident d’une lutte. Malgré le scandale couvé par ce rachat, la presse manque toujours à l’appel !?

*Plan Local d’Urbanisme.

19 juin : Cinéma Revival rachète le cinéma La Clef et devient gestionnaire du cinéma tandis que la vitrine associative de La Clef Revival devient usagère. Malgré les arguments captieux de certains commentaires sur notre page FB à notre encontre provenant d’une même personne (« trolling » à la lisière de l’harcèlement, syndrome du faux fuyant pour faire diversion à la consultation de nos posts jusqu’à détourner ces derniers et faire sa propre promotion), dont les méthodologies en communication rappelle le Groupe SOS (diffamation, répétition d’informations fallacieuses, ton didactique, patronisant, voire condescendant pour intimider). Malgré le lobbying agressif de ce dernier, l’indifférence simulée des Revival et du boycott médiatique à venir qui nous invisibilisera, nos prédictions s’avèreront malheureusement justes concernant la reconversion du cinéma en laboratoire de création à une séance unique par jour pour ses deux salles et sa privatisation.

21 juin : Conférence de presse de Revival jouant sur l’illusion de son sauvetage d’autant plus amplifié par la révélation de la contribution financière de Quentin Tarantino. Revival annonce qu’ils programmeront des films sur 4 jours à la fin du mois et qu’ils prévoient des travaux qui prendront fin l’année prochaine.

22 juin : Suite aux sources erronées de l’AFP, et aux comptes rendus bernés ou complices de certains médias (Le Parisien, Konbini, Télérama, Le Figaro, France Télévisons, AFP, 20 Minutes…), nous envoyons plusieurs recommandés avec accusé de réception pour avoir un droit de réponse. Celui-ci ne sera jamais publié. Nous décidons donc de le publier nous-mêmes et d’en faire un post FB / Insta offensif. Seul 20 minutes décide d’enquêter et de faire porter notre voix.

27 Juin au 30 juin : Projections de films en journée et soirée sur 4 jours pour faire diversion à leur séance unique par jour quand le cinéma rouvrira l’année prochaine (juin 2025).

28 juin : Communiqué des anciens salariés Nicolas Tarchiani et Dounia Baba-Aissa publié sur FB :

« Bonjour à toutes et à tous,

Suite aux derniers évènements qui concluent des années de péripéties autour du cinéma la clef, nous tenions à réagir une dernière fois. Nous avons pris quelques jours de réflexion pour ne pas répondre à chaud, nous, qui depuis toujours, gardions un regard attentif face aux différents évènements qui se sont succédés depuis 2019.

Le cinéma La Clef n’est pas devenue un parking, un supermarché ou une agence bancaire, c’est déjà ça. A priori, on pourrait s’en réjouir. Nous pourrions être satisfaits de la reprise du cinéma par le « collectif La Clef Revival ». Pourtant, forts de notre connaissance de la salle et de son environnement, nous ne pouvons nous empêcher d’être sceptiques et de relativiser quelques éléments face à, ce qui ,de l’extérieur, semble être un conte de fée avec « happy ending ».

Tout d’abord, nous tenons à apporter notre soutien au collectif Laissez-Nous La Clef. Ces habitants du quartier qui ont milité depuis 2018 et jusqu’au bout pour conserver une configuration du cinéma proche de celle qu’ils fréquentaient. Une salle de cinéma ouverte toute la journée, proposant des films du circuit commercial en parallèle de programmations plus marginales, permettant des séances qui faisaient de La Clef un lieu de lien social et de débat. Nous savons que ce collectif fut impliqué dans l’organisation qui a suivi l’occupation des lieux par l’association Home Cinéma puis mis à l’écart par la suite par le Collectif Revival. Ce basculement ne nous permet pas de croire à une volonté d’implantation des repreneurs dans le quartier comme La Clef en a toujours été le vecteur.

Nous souhaitons aussi remercier tous nos anciens collègues avec qui nous avons travaillés de nombreuses années avant la fermeture du cinéma et en particulier Antoine Marais, Camille Divay, Sébastien Liatard et Derek Woolfenden. Ces deux derniers, révoltés face au refus du propriétaire de nous vendre le bâtiment, marquant ainsi notre échec dans la volonté de poursuivre l’activité intrinsèquement organique de la salle avec ceux qui l’avaient construite, avaient initié l’occupation en septembre 2019 pour la quitter en octobre 2021.

Dans les derniers jours, nous avons pu lire dans la presse ou entendre à la radio des éléments auxquels nous souhaitons répondre et que nous tenons à interroger. Il laisse paraître, comme dans un article de France Info que nous serions, en tant qu’anciens salariés, partie prenante de ce rachat en ayant « aidés » les nouveaux acquéreurs dans leur lutte. Ce n’est pas le cas. Car si la partie hors exploitation reprend certains aspects que nous avancions dans notre dossier de reprise, facilement consultable, nous sommes en total désaccord avec la partie « exploitation » cinématographique proposée.

En effet, si la configuration mise en place lors de l’occupation prenait sens selon nous, prolonger le concept d’une seule séance par jour à prix libre nous paraît antinomique à la définition de la salle de cinéma, et d’autant plus de celle du cinéma La Clef.

Pourquoi ne pas multiplier les séances le reste de la journée privant ainsi les spectateurs d’une diversité de proposition cinématographique et culturelle, cette diversité étant l’ADN de l’histoire de La Clef ?

Pourquoi fragiliser le système de solidarité engendré par la billetterie et permettant la redistribution aux autres filières cinématographiques, soutien direct à cette diversité ?

Pourquoi privilégier la privatisation des salles pour des professionnels au détriment du public ? Car lorsque l’on prétend sauver un bien commun, le laisser hermétique au plus grand nombre, à savoir ses spectateurs dans le cas d’une salle de cinéma, en dénature sa destination.

Comment se garantir avec le projet qui se profile, d’éviter les cercles restreints et l’entre-soi ? Comment se prémunir de l’absence d’éclectisme culturel, sociologique et ethnique qu’un tel lieu a toujours eu et devrait continuer à promouvoir ?

Nous n’avons ni lu ni entendu le moindre questionnement journalistique concernant ces interrogations. Au contraire, nous avons constaté que les médias relayaient un discours des membres du collectif prenant en otage l’historique de la salle. Or, si c’est bien la continuité, sans aucun conservatisme de notre part, qui motive le collectif, pourquoi ne respectent-ils pas la volonté du collectif « Laissez-nous La Clef », habitants du quartier et spectateurs historiques de la salle, sans pour autant y glisser les ingrédients qui ont fait la réussite de l’occupation ?

Si c’est l’histoire des associations qui ont fréquenté La Clef auparavant, dont ils se targuent d’avoir récupéré l’adhésion, et qui façonnent ce lieu, pourquoi ne sont-ils jamais entrés en contact avec nous pour perpétuer cette histoire, nous qui les avons accueillies et travaillé avec elles de nombreuses années ?

Pourquoi rouvrir quatre jours du 27 au 30 juin sans inviter tous les acteurs de ces années de luttes alors que le Collectif Revival en appelle à une programmation horizontale et partagée ? Les habitants, les associations dont nous parlions plus haut et dont l’absence est retentissante.

Peut-être parce qu’avant l’automne 2019, aucun des membres du Collectif Revival, qui aujourd’hui se prévaut de l’histoire de ce cinéma et dont ils seraient aujourd’hui les chantres, n’y avait mis les pieds pour proposer un projet ou une programmation. En tous cas pour nous, présents respectivement sur place depuis 2001 et 2014,

Pourquoi rouvrir ces trois jours en proposant des projections toute la journée si c’est pour n’en faire qu’une par jour à l’avenir ?

Tout ceci souligne une grande part d’ombre et démontre une incohérence notable dans les intentions et le déroulement des faits.

Le procès en justice entre « Le collectif Revival » et l’association Home Cinéma qui attend son délibéré le 11 juillet nous conforte dans la nécessité de nous interroger.

L’appropriation de l’histoire et sa réécriture ne se fait que par les vainqueurs et on sait ce que ça donne.

Dounia Baba-Aissa

Nicolas Tarchiani »

11 juillet : délibéré de notre action en justice. Malheureusement la justice a donné tort à Home Cinéma, et ce de façon particulièrement injuste. En effet, elle a refusé de reconnaître l’intérêt à agir de l’association Home Cinéma, estimant que sa décision d’Assemblée Générale engageant l’action en justice n’était pas assez précise… Ce faisant, la juge a totalement omis le fait que Derek Woolfenden, président de l’association Home Cinéma, était co-auteur de l’assignation en justice et également titulaire des marques concernées (notamment La Clef Revival). Pour cette décision qui nous indigne, Home Cinéma est condamné à verser 6 000 euros à l’association La Clef Revival et au fonds de dotation Cinéma Revival…

« Quand on a une cause juste à défendre, le terme « échec » n’est pas très convaincant. » (Le Révolté de Santa Cruz de Roberto Gavadon)

Nous ne savions pas que non seulement la presse était borgne, mais que la justice était tout autant aveugle. Enfin, pas à ce point-là. Notre seule culpabilité jusqu’à aujourd’hui, et clairement assumée – pour ne pas dire presque revendiquée – est bien notre idéalisme teinté d’une certaine naïveté enfantine.

Nous n’imaginions pas qu’on pouvait se réapproprier notre labeur, nos initiatives créatives, comme logistiques, sur deux années d’une occupation intense pour maintenir cette dernière, puis la détourner en toute impunité.

Nous n’avions pas envisagé non plus qu’on pouvait récupérer le soutien du quartier (Laissez-Nous La Clef), l’expérience et le travail des anciens salariés sans sourciller jusqu’à même les dénigrer sur leur propre page Facebook ou dénigrer encore l’initiateur d’une lutte, vivant dans une extrême précarité, et lui soutirer 6000 euros !

Tous nos éléments à charge déposés devant la justice et attestant de nos créations et des origines fondamentales de l’occupation nous étant affiliées (prix libre, fresques, radios…), n’ont même pas été pris en compte.

On se souviendra de cette audience où l’avocat de la partie adverse eut finalement le dernier mot, celui aberrant vis-à-vis de la juridiction où il se tenait et de l’histoire d’une lutte que Revival s’évertue au quotidien à effacer : « On se fiche de l’historique ». Tout est dit. Ou rien à dire si ce n’est cette assertion simple, en contre-champ, qui réveille nos cœurs aguerris : « Plus dure sera la lutte, plus fort sera Home Cinéma. Aujourd’hui est un fauve, demain verra son bond. »

« Inutile de nous soucier des lois qui ne sont pas inscrites dans notre cœur. » (Dos Pasos, Terre élue)

Les membres actifs de Home Cinéma et La Clef Survival